TGV Pendulaire

(Paris Orléans Limoges Brive Toulouse - POLT)

Les trois Régions à Paris

« Le TGV pendulaire doit rouler de Paris à Toulouse », ont réaffirmé les trois présidents.

Le 9 novembre dernier. Gilles de Robert Ministre des Transports confirmait aux présidents des Régions Centre, Limousin et Midi-Pyrénées, I abandon du projet de TGV pendulaire Paris -Orléans - Limoges - Brive-Toulouse (POLT) par son gouvernement, Cette rencontre faisait suite à une demande insistante de la part des trois présidents à être reçu pour faire valoir. une fois encore, leurs arguments en faveur du train pendulaire. Le ministre a, par ailleurs, maintenu l'idée. jugent inadmissible, d'un barreau Poitiers- Limoges qui délaisserait la Creuse et la Cor­rèze, et qui, outre un coût substantiel, entraîne des risques de saturation importants sur l'axe Paris - Bordeaux - Toulouse.« Seule bonne nou­velle », selon Jean-Paul Denanot, l'annonce de 233 millions d'euros de travaux d'amélioration des voies dans les prochaines années...

Les présidents des trois régions mènent ensemble, depuis plusieurs mois, les actions de défense de ce projet essentiel pour l'aménage­ment de l'ensemble du territoire. Cette rencontre au ministère fait suite à une réunion commune à la Maison du Limousin. De nombreux représentants des territoires concernés y étaient présents: maires des princi­pales villes et nombreux parle­mentaires des départements, présidents de conseils géné­raux, présidents des conseils économiques et sociaux, représentants des organisa­tions socioprofessionnelles, des usagers, des syndicats et autres élus locaux. Tous entendaient " réaffirmer leur attachement à la mise en oeuvre du TGV pendulaire ". Les trois présidents ont, à tour de rôle, rappelé les dif­férents enjeux du projet d'un point de vue histo­rique, économique, mais aussi technologique sans omettre sa dimension institutionnelle »: un projet engagé. agréé par l'État, la SNCF, Réseau ferré de France et les trois collectivités, un projet a seul à même de réintroduire la modernité sur un axe essentiel pour le pays ».

À l'issue de cette réunion, Martin Malvy, Michel Sapin et Jean-Paul Denanot avaient encou­ragé à << rester mobilisés ». Cette mobilisation leur paraît plus que jamais nécessaire à la suite de leur entretien avec le ministre. L'Association des Régions de France (ARF) devra prochainement constituer un groupe de travail chargé d'étudier la technologie pen­dulaire et ses incidences économiques. Jean-Paul Denanot a ainsi révélé avoir récemment rencontré les dirigeants de la firme Alstom qui lui ont affirmé que la technologie est prête et qu'un délai de deux années suffisait à sa mise en oeuvre dès lors qu'une commande de la SNCF était passée. Il ne nous manque donc aujourd'hui que la signature du gouvernement assène l'élu limousin. Et de conclure: " nous voulons notre part d'aménagement du territoire ".

On s'en souvient, le 21 février 2001, un premier protocole sur le ‹ programme de moder­nisation de la ligne POLT pour la mise en service d'un TGV pendulaire vers 2006 » a été signé entre l'État, la SNCF, RFF et les présidents des régions Centre, Midi-Pyrénées et Limousin. Puis. par la signature de la convention relative au financement et à la réalisation de la liaison ferroviaire rapide "POLT", le 13 novembre 2001 chacun des partenaires s'est engagé juridiquement et financièrement à l'aboutissement d'un projet dont le contenu, le financement et le calendrier de réalisation étaient contrac­tuellement fixés »

Le Comité interministériel d'aménagement du territoire (CIADT), réuni le 18 décembre 2003: décidait d'abandonner le projet. Les présidents des Régions concernées mis­sionnaient alors le cabinet d'avocats Bruno Kern afin de demander aux tribunaux de dire la rupture unilatérale du contrat, et contraindre le gouvernement à en revenir au respect des engagements pris ». Le 2 septembre dernier, la commission d'accès aux documents administratifs invoquait le secret des délibérations du gouverne­ment » pour refuser de communiquer au cabinet d'avocats les relevés de décisions concernant l'abandon du projet TGV.

Sur le fond, le CIADT appuyait sa décision sur les études menées sur la base de l'esti­mation initiale de coût (qui) font ressortir un taux de rentabilité socio-économique très faible, de l'ordre de 2,8 % ». Interrogé par la commission des affaires économiques de l'environnement et du territoire, le mercredi 21 juillet 2004: le Président de la SNCF, M. Louis Gallois déclarait: " les trains pendu­laires, plus rapides que le Téoz, pourront être utilisés sur la ligne Paris -Orléans - Limoges - Toulouse lorsque la mise aux normes de celle-ci sera effectuée, la vitesse de circu­lation des rames dépendant de la qualité des infrastructures ».