Alstom livre les 14 premiers trains à hydrogène en Allemagne

12 novembre 2017 à 08h00

Une petite révolution dans le monde des transports : Alstom fabrique et vend les 14 premiers trains à hydrogène au Land de Basse-Saxe, en Allemagne. Aucun gaz carbonique.
C’est une première mondiale. Alstom Transport a mis au point les premiers trains à hydrogène. Zéro émission de gaz carbonique dans l’atmosphère. Le premier contrat a été signé jeudi 9 novembre pour 200 millions d’euros. Pas moins de 14 exemplaires ont ainsi été vendus au Land de Basse-Saxe en Allemagne. Ils pourront transporter des voyageurs à partir de début 2021 selon le constructeur ferroviaire.Ces trains à hydrogène sont fabriqués en grande partie sur le site allemand de Salzgitter.De couleur bleue et frappé de l’écusson de la Basse-Saxe, ce train régional ressemble à ses grands frères. La différence est qu’il est beaucoup plus silencieux car il ne roule pas au diesel mais à l’hydrogène et rejette de la vapeur d’eau.

Un transport plus propre

« Ce train est alimenté avec une pile à combustible, c’est-à-dire qu’il a un stockage d’hydrogène, que l’on mélange avec de l’oxygène. Il y a une réaction de sous-contrôle pour produire de l’électricité », explique Cécile Texier, directrice du développement durable chez Alstom. Cette électricité permet d’alimenter un moteur électrique. « Et on a une batterie en parallèle qui permet de récupérer l’énergie de freinage, et d’optimiser globalement la consommation de l’hydrogène », poursuit Cécile Texier.

Avec son autonomie de 1 000 km, sa capacité de 300 passagers, ce train est idéal pour remplacer les locomotives diesel qui circulent sur le réseau régional. Et il y en a beaucoup.« Aujourd’hui, en Europe, on a environ 25% de la consommation d’énergie des systèmes ferroviaires qui est réalisée avec du diesel », affirme la directrice du développement durable chez Alstom. Mais seule une ligne sur deux est électrifiée. D’où la solution de l’hydrogène. « On a près de 50% des lignes qui ne sont pas encore électrifiées », ajoute Cécile Texier. « Ce train est donc une alternative au diesel qui va permettre de contribuer à décarboniser le transport ».

Un marché porteur

Alstom est pionnier de ce marché balbutiant mais porteur, transition écologique oblige. C’est la conviction du vice-président Europe d’Alstom Gianlucca Erbacci : « Les investissements qui vont être faits sur les trains hydrogènes sont dans plusieurs pays d’Europe et en Amérique du Nord », explique-t-il. Aujourd’hui, « c’est l’émission de CO2 qui prime, et donc il y a des lignes diesel », constate-t-il. Mais le réchauffement climatique pousse à modifier les pratiques.

« Les choses vont changer rapidement. Il y a des pays comme la Hollande, le Danemark ou la Norvège, l’Angleterre, le Canada, l’Italie, qui pensent beaucoup à ce type de technologies ».

On a zéro émission avec de nouvelles technologies. On considère que cette technologie va encore avancer avec les améliorations des équipements ».Une technologie encore en devenir. Pour preuve, aucune information chiffrée ne filtre, ni sur le montant des investissements, ni sur le stock d’hydrogène nécessaire pour faire rouler ce train.

La France en retard

Alors que la France dispose de grandes entreprises en pointe dans le domaine de l’hydrogène, comme Air Liquide, Alstom, Engie ou Total, ou de PME performantes comme SymbioFCell, les pouvoirs publics semblent avoir un métro de retard sur cette technologie. Jusqu’à présent, ils préféraient miser sur la voiture électrique avec des batteries longues à charger et offrant une autonomie réduite. En attendant, le Japonais Toyota ou le Coréen Hyundai vendent déjà des voitures à hydrogène au grand public.