Elisabeth Borne lance le grand virage de la politique des transports

05 juillet 2017 à 17h34

Elisabeth Borne confirme la « pause » annoncée samedi par Emmanuel Macron dans le lancement de nouvelles grandes infrastructures.

Les élus concernés devront attendre la future loi de programmation, qui doit être votée au premier semestre 2018, pour savoir si le projet qu’ils poussent est différé de quelques mois… ou de quelques années.

Les chantiers financés par l’argent public ne sont pas les seuls menacés. Les concessionnaires autoroutiers, qui ont obtenu pas moins de trois plans de relance sur les deux derniers quinquennats, étaient prêts à en négocier un quatrième. Mais Elisabeth Borne écarte cette hypothèse, estimant qu’il ne serait « pas raisonnable » d’investir à nouveau dans un réseau concédé déjà de grande qualité. Priorité sera donc donnée à l’entretien du réseau existant, qu’il soit routier ou ferroviaire, ainsi qu’à son optimisation.

Le covoiturage sera encouragé, et la SNCF, de son côté, est sommée d’améliorer son efficacité. Ce n’est qu’à cette condition que l’État se dit prêt à reprendre tout ou partie des quelque 44 milliards d’euros de dette du système ferroviaire. Le groupe public se consolera en relevant que le gouvernement évoque officiellement cette reprise, alors que le précédent exécutif avait enterré cette perspective, pourtant inéluctable. Mais les négociations avec les syndicats sur les nécessaires gains de productivité s’annoncent sportives.

 Les fédérations de transporteurs routiers risquent de monter eux aussi au créneau : si Elisabeth Borne écarte une renaissance de l’écotaxe, elle annonce clairement sa volonté de dégager de nouvelles ressources en taxant le transport de marchandises poids lourds. La démarche ne devrait concerner toutefois que certaines routes nationales et certaines régions, ce qui devrait réduire les oppositions.