LGV Bordeaux-Toulouse. L’Etat fait appel de l’annulation de la DUP

01 juillet 2017 à 14h50

L’Etat va faire appel de la décision du tribunal administratif de Bordeaux, qui a annulé jeudi la déclaration d’utilité publique d’une partie du prolongement de la LGV au sud de Bordeaux, a déclaré samedi la ministre des Transports Elisabeth Borne.

« L’État est cohérent, il a porté une DUP qui aujourd’hui a été annulée par le tribunal administratif, donc oui, il va faire appel », a annoncé la ministre, interrogée par la presse en marge de l’inauguration de la nouvelle ligne TGV entre Paris et Bordeaux.

Vendredi, le président de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, et le maire de Bordeaux, Alain Juppé, avaient demandé à l’Etat, au préfet de région et à SNCF Réseau de faire appel au plus vite de cette décision, qu’ils jugent « infondée et contraire à l’intérêt général des usagers ».

LGV Bordeaux-Toulouse : les collectivités demandent à l’Etat de respecter ses engagementsLa présidente PS de la région Occitanie Carole Delga, le président PS du conseil départemental de la Haute-Garonne Georges Méric et le président LR de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc avaient réagi de la meme manière : ils avaient souhaité qu’un  » appel soit formé contre ce jugement » qui  » semble mal fondé  »

Sur la question du financement, les élus n’avait pas tardé à réagir.

Dans un communiqué commun publié , Carole Delga, présidente de la région Occitanie, Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, et Georges Méric, président du conseil départemental de la Haute-Garonne, rappellent qu’un comité des financeurs a été lancé il y a un an, auquel participent les collectivités locales de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie concernées par le projet.

«Une étude sur les modes de financement innovants devrait rendre ses conclusions prochainement. Elle permettra de proposer plusieurs modèles de financement. Ainsi, le motif d’annulation devrait ne plus avoir de raison d’être, à terme» estiment-ils, jugeant «inacceptable que près de 4 millions de nos concitoyens soient privés de ligne à grande vitesse et restent à près de cinq heures de Paris».

Quant à la faiblesse des études socio-économiques, l’association Eurosud Transport, présidée par Jean-Louis Chauzy, estime que la pertinence socio-économique se trouve dans le projet global qui est de relier Toulouse, 4e ville de France, à Paris en 3 heures et non seulement dans les aménagements au sud de Bordeaux. En clair, la future LGV Toulouse Bordeaux est le chaînon manquant sans lequel la rentabilité ne serait pas assurée.