Alstom fait la promotion de son Coradia Liner

08 avril 2017 à 13h35

Deux mois après sa mise en service commerciale sur la ligne Paris-Troyes-Belfort, le Coradia Liner V160 d’Alstom a été présenté officiellement à Paris Gare de l’Est. L’occasion de faire un premier bilan d’exploitation de ce nouveau matériel et des ambitions commerciales d’Alstom.

Cela fait exactement deux mois que les Coradia Liner sont en service commercial sur la ligne Paris-Troyes-Belfort. C’est aussi le jour qu’avaient choisi la SNCF et Alstom pour dévoiler aux élus régionaux et futures autorités organisatrices, ces nouveaux trains Intercités qui remplacent les trains Corail.

Un retour d’expérience prometteur

A ce jour, le Coradia Liner a parcouru près de 200.000 kilomètres sur Paris-Troyes-Belfort. Les trains – 14 ont été livrés sur les 19 prévus sur cette ligne – enregistrent « un niveau de fiabilité et de disponibilité acceptables », a commenté Jean-Baptiste Eyméoud, dg France d’Alstom. « Les cinq experts de l’équipe SAV d’Alstom basés au Technicentre Est européen veillent chaque jour à la satisfaction de notre client SNCF », précise celui-ci dans le communiqué.

Côté voyageurs, l’enquête de la SNCF montre que 90,8% d’entre eux attribuent une note de satisfaction supérieure à 7/10 et 70%, une note de recommandation de 8 et plus sur 10. « Un train dont les qualités me réconcilient avec la SNCF ! », a même déclaré un voyageur. Une attention particulière a été portée aux personnes à mobilité réduite (PMR) pour qu’elles soient complètement autonomes – plancher bas, comble-lacune entre le quai et le train, voiture Utilisateur fauteuil roulant (UFR), places et toilettes adaptées…

Un défi financier pour le Grand Est

Le directeur de SNCF Intercités, Jean Ghédira, espère que ces nouvelles rames permettront de gagner de nouveaux clients sur cette ligne qui enregistre 1,6 million de passagers par an – des pendulaires, des occasionnels mais aussi des Coréens qui représentent 60% de la clientèle sur Troyes-Belfort !

Car actuellement, la ligne accuse un déficit de fonctionnement de 30 millions d’euros par an. Au plus tard au 1er janvier 2018, la région Grand Est deviendra l’autorité organisatrice de cette ligne (avec Hirson-Metz et Reims-Dijon). Dans l’accord trouvé entre les parties, l’État prendra à sa charge 13 millions d’euros de déficit, les régions Bourgogne-Franche-Comté et Île-de-France – également traversées par cette ligne – 3 millions d’euros.

« Nous pensons améliorer considérablement la rentabilité de cette ligne (…) en augmentant de façon considérable (sa) fréquentation, en offrant de meilleurs services, en offrant des dessertes mieux conçues en fonction des horaires, et en organisant l’articulation avec les TER sur l’ensemble du trajet », assurait le président de Grand Est, Philippe Richert, lors de la signature de la concention avec l’État en novembre 2016. Celui-ci évoquait alors un gain potentiel d’efficacité « de l’ordre de 10 millions d’euros » en trois ou quatre ans.

interieur-secondeUne fierté d’industriel

Le Coradia Liner, c’est aussi une prouesse industrielle en un temps réduit. Les premiers trains homologués ont été livrés à l’automne 2016, soit moins de trois ans après la commande passée fin 2013. Jean-Baptiste Eyméoud a expliqué que le développement de ce nouveau train – certes conçu à partir de la plate-forme Coradia Polyvalent qui a produit les Régiolis – a pris seulement 18 mois. Une centaine d’ingénieurs avaient été mobilisés à Reichshoffen et 1000 salariés ont permis de sortir le premier train (4000 au total avec les fournisseurs). Alstom revendique notamment une baisse de 30% de la consommation d’énergie par rapport aux trains Corail.

Des ambitions commerciales grandissantes

Sur cette première commande de 34 rames, les 15 restantes circuleront sur les lignes Nantes-Bordeaux à partir de septembre 2017 et Nantes-Lyon à partir de décembre. Le 31 mars 2017, Alstom a reçu une nouvelle commande de 30 rames supplémentaires qui seront également financées à 100% par l’État via l’AFITF.  De quoi donner de la visibilité à l’usine de Reichshoffen jusqu’en 2019.

Et Alstom lorgne aussi sur l’appel d’offres lancé par l’exécutif pour équiper les lignes Intercités structurantes Paris-Clermont-Ferrand, Paris-Orléans-Limoges-Toulouse et Bordeaux-Toulouse.