Rapport Duron sur les mobilités du quotidien : partie concernant la ligne POLT

 

 

 

01 février 2018 à 11h01

Aujourd’hui, 1er février 2018 a paru le nouveau rapport DURON concernant les mobilités. Ci-après vous trouverez la partie réservée à la ligne POLT et semble t’il : Adieu pour la LGV POCL pour l’instant.

Il reste à connaître le scenario que le gouvernement va choisir car de lui dépend la réalisation proche ou non des préconisations du rapport.

Noeuds ferroviaires de Paris Lyon–Bercy et Austerlitz, lignes Paris-Clermont-Ferrand- Lyon et Paris-Orléans-Limoges-Toulouse

Les interactions qu’ont entre eux les projets de traitement des noeuds ferroviaires de Lyon-Bercy et d’Austerlitz et de lignes nouvelles Paris – Clermont-Ferrand – Lyon et Paris – Orléans – Limoges – Toulouse (POLT) ont conduit le Conseil à les analyser conjointement.

Le projet de désaturation du noeud de la Gare de Paris-Lyon a pour objectif d’améliorer la robustesse en surface de l’ensemble ferroviaire Lyon/Bercy en prenant en compte différentes hypothèses d’évolution des circulations aujourd’hui accueillies (TGV, TET, TER, Transilien). Ce projet est composé de plusieurs opérations. Le Conseil au regard des éléments qu’il a eu à disposition considère que deux d’entre elles ont une utilité non discutable et doivent être traitées en priorité. Il s’agit de la création d’un croisement dénivelé de voies par passage en dessous d’une partie de celles-ci (« terrier ») qui doit permettre d’éviter de nombreux cisaillements de trains à l’arrivée et au départ et par ailleurs l’allongement de certaines voies pour un montant total de travaux estimé à 225 M€. Le Conseil considère que les autres opérations qui s’intègrent dans le cadre d’un programme plus vaste de développement du noeud ferroviaire incluant aussi celui d’Austerlitz, ont une utilité qui reste encore à démontrer. Dans son esprit, il y aurait lieu de prévoir préalablement un schéma d’ensemble d’exploitation et d’investissement sur le secteur couvrant au moins le quadrilatère Juvisy-gare d’Austerlitz-gare de Lyon-Villeneuve-Saint-Georges.
Il estime que les aménagements, non chiffrés à ce jour, sur le faisceau d’Austerlitz et qui n’ont pas pu dès lors être pris en compte à ce stade dans la planification du Conseil viendront certainement, dès que les études auront été conduites, se placer dans les tous premiers rangs des priorités. Il considère toutefois que la remise en service du Pont National envisagée dans ce cadre relève de la compétence du gestionnaire de réseau et n’a pas être financé notamment par l’Etat au seul titre des services TET.
S’agissant du projet de ligne nouvelle à grande vitesse Paris-Clermont Ferrand-Lyon, la Commission Mobilité 21 avait pointé que sa justification, au regard notamment des montants en jeu, dépendait très largement du besoin de désaturation de la ligne LGV actuelle Paris-Lyon. Il se confirme aujourd’hui que la perspective de saturation de cette dernière se situe au-delà de 2038 du fait notamment de la mise en place du système d’exploitation ERTMS46 et de l’entrée en service de matériels TGV plus capacitaires.

Dans ce contexte, le Conseil considère qu’il est pertinent, au moins jusqu’à un éventuel réexamen dans dix ans de la question, de ne pas poursuivre les études du projet Paris-Clermont Ferrand-Lyon et de lever sans attendre les contraintes que fait peser le projet sur l’urbanisation des villes d’Ivry et de Vitry.

Il souligne en revanche l’importance qui s’attache au renouvellement du matériel roulant de la ligne ferroviaire structurante Paris-Clermont Ferrand et à la couverture numérique de cette ligne dans les tous meilleurs délais. Concernant ce dernier point, il apporte son soutien au projet en cours d’une connectivité d’ici la fin de cette année des circulations Intercités. Il est nécessaire par ailleurs de poursuivre les réflexions sur d’éventuels relèvements de vitesse, afin de préciser le  rapport coûtsavantages des différentes hypothèses, dans une perspective de long terme.

Concernant la ligne classique existante Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, le Conseil partage l’avis qu’il s’agit là-aussi d’un axe structurant du réseau ferroviaire national dont il convient d’assurer le fonctionnement performant. L’axe doit bénéficier de l’effort engagé par SNCF-Réseau sur la maintenance et la modernisation du réseau ferroviaire. 500 M€ devraient ainsi être consacrés à des travaux de régénération entre 2015 et 2020 (hors région Île-de-France), ce qui correspond à un doublement du rythme d’investissement par rapport à la période 2004-2014 au cours de laquelle 460 M€ avaient été investis pour la régénération de l’axe. Cet effort a vocation à se poursuivre sur la période 2020-2025, portant à plus d’un milliard d’euros les dépenses de régénération de la ligne hors Île-de-France sur la période 2015-2020.

 

A la suite du rapport confié à M. Delebarre concernant la question du désenclavement du Limousin, il semble opportun au Conseil que soient mis en oeuvre plusieurs relèvements de vitesse (coût estimé de 180 M€) et un renforcement des installations fixes de traction électrique (IFTE – coût estimé de 160 M€) sur cette ligne pour en améliorer les performances. Le Conseil soutient aussi l’extension de la connectivité internet le long de cette ligne pour les trains Intercités prévue pour début 2019 ainsi que le renouvellement dans les meilleurs délais des matériels roulants.

 

Au regard du périmètre de financement de l’Etat, des contraintes budgétaires et après analyse comparative des enjeux des différents investissements qu’il a eu à considérer, le Conseil recommande de prévoir concernant les lignes POLT, Paris-Clermont et les gares de Lyon et d’Austerlitz à Paris :
– la réalisation du terrier et des allongements de voies prévus au niveau du noeud de la gare de Paris-Lyon/Bercy à partir du début de la période 2023-2027 quel que soit scénario financier ainsi que la réalisation des travaux concernant Paris-Austerlitz Juvisy ;
–  le début des travaux de renforcement électrique et de relèvement de vitesse de la ligne POLT dans la période 2023-2027 pour le scénario 1 et dès la période 2018-2022 pour les scénarios 2 et 3 ;
–  le renouvellement des matériels roulants des lignes POLT et Paris-Clermont Ferrand à partir du début de la période 2023-2027 pour le scénario 1 et en début de période 2018-2022 pour les scénarios 2 et 3.

 

Scénario 1 : 48Md€ de financement en 20 ans pour l’AFITF,

Scénario 2 : 60 Md€

Scénario 3 : 80 Md€